Dis Magik Gélik : Bien se connaitre, ça veut dire quoi ?

Brève de comptoir au café La Jenlinoise à Jenlain (capitale de la bière et charmante petite ville au demeurant)

En ce moment, je vis le nomadisme du troquet du matin.
J’ai le caféïsme disruptif (Je romps ma routine en gros).
Au volant de ma C3 verte, j’avale des (petits) kilomètres et je m’arrête au premier troquet sympa.
C’est donc dans un estaminet du Quesnoy que je vais prendre le temps d’écrire un post complet que m’a inspiré la question qu’un jeune homme pas ordinaire m’a envoyé cet été. Un joli sms plein d’intelligence et de poésie.
Avec sa permission, je partage son message.
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[…] J’ai lu un bouquin de Monique de Kermadec dans lequel elle disait qu’il fallait bien se connaitre pour être heureux.
Bien se connaitre, ça veut dire quoi ?
Oui, je débute alors je me pose des questions de débutants. Si ça peut alimenter tes discussions de pilier de comptoir toujours aussi intéressantes…
La biz […] “
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Fin de citation…
Le gars il est fort. Il s’ouvre à du subtil. Il s’interroge. Il partage son questionnement. Pour comprendre. Pour se laisser venir ses réponses à lui en me posant sa question.
Et il faut dire que c’est une question que j’affectionne particulièrement. Une question qui est le fil conducteur de ma vie.
C’est l’amour entre elle et moi. Surtout depuis que j’ai trouvé des éléments de réponse.
Que je me suis attelée à la tache de mieux me connaitre.
D’apprendre qui je suis. Dans les contours. Dans les coins. Dans les zones dévastées et dans les endroits plutôt cool de ma personnalité. Dans les endroits nauséabonds aussi. On n’est pas ou gentil ou méchant. On n’est pas ou con ou intelligent.
On peut être salope sur certaines choses et merveilleuses sur d’autres.
Eso es la vida.
Et de le savoir, de le constater, de le regarder en face, au lieu de nous donner une image de monstre, ça nous humanise.
Ça nous rend fragile, vulnérable.
Ça nous rend moins contrôlant de soi et des autres.
Ça nous apporte de la bienveillance pour nous au lieu de nous faire nous détester encore plus.
Au plus on va dans les ombres et dans les lumières de soi, au plus on se connait, on plus on aime bien le bonhomme ou la bonne femme que l’on est.
C’est ma perception des choses. D’autres personnes vous diront peut-être autre chose.
Se connaitre, c’est savoir que d’autres pensent différemment de vous. Voire parfois carrément à l’opposé.
Savoir ce que l’on pense. Quelles sont nos idées à nous (pas celles transmises par la famille, les amis, le boulot, la télé, les influenceurs…). Quelle est notre façon de voir la vie à nous. Quelles histoires fausses on se raconte sur soi.
Savoir quelles sont nos talents. Savoir quelles sont nos facilités. Savoir ce que l’on aime. Ce qui nous donne le sourire.
Savoir ce dont on rêve. Ce que l’on aimerait accomplir.
Savoir faire la part des choses entre le fantasme de ce que l’on a envie de vivre et ce qui est bon et juste pour nous.
Savoir à quoi ressemble la vie que l’on a envie de vivre au quotidien. A quoi elle ressemble.
Savoir oui. Et appliquer dans la vraie vie.
La connaissance intellectuelle oui mais une mise en pratique directe, c’est ça qui fait que l’on est heureux. Quand on fait ce que l’on sait bon pour soi, qui correspond à qui on est. Et que l’on constate par devers soi alors qu’on ne s’y attendait pas vraiment.
Voir de ses yeux que l’on a fait de ses mains quelque chose qui compte pour soi.
Il y a des recettes pour la connaissance de soi. J’en ai déjà créées. C’est une recette qui a fonctionné pour moi.
Je ne sais pas si ça marche pour tout le monde.
Le particulier a valeur universel oui mais plus dans le principe que dans l’ordre des choses faites et mises en place par un individu.
Le chemin est particulier. Le caillou que j’ai rencontré sur mon chemin vous ne le rencontrerez peut-être jamais ou peut-être dans 10 ans et de façon plus terrifiante ou frustrante. Ou juste vous lui donnerez un coup de pied et basta.
Chacun ressent les événements à partir de ses filtres, de ses propres émotions.
Justement, savoir ce que l’on ressent. Reconnaitre ce que l’on ressent. Sur le moment ou un peu plus tard mais le reconnaitre. Pour éviter que ça stagne quelque part en soi et que ça fasse du blougiboulga.
On est nombreux à croire que l’on se connait mais en fait, on ne connait pas le quart du dixième du milliardième de rien sur soi.
Et quand on se connait, on finit par savoir que l’on ne sait rien ou tellement peu et on est en paix avec ça. On arrête de chercher les disputes, à vouloir se montrer plus fort, plus beau, plus soyeux, plus intelligent, plus réussissant et + et + et encore +.
Quand on se connait un peu mieux, on s’aime un peu mieux, on se suffit.
On dirait que bien se connaitre, c’est s’aimer pour le pire et le meilleur en fait.
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J’ai réussi à boire mon café entre 2 paragraphes. Pour une fois, je ne le boirais pas froid:)

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